Publié par : Anaëlle Quivrin-Tessier — Rédactrice spécialisée en informatique
Sauvegarder un PC ne consiste pas à copier quelques photos sur une clé USB. Pour récupérer ses données après une panne, une suppression accidentelle, un vol ou un ransomware, il faut sélectionner les bons fichiers, utiliser des supports distincts et vérifier que la restauration fonctionne. Cette méthode convient à Windows comme à macOS.
Commencez par distinguer synchronisation, fichiers et sauvegarde complète
La synchronisation cloud et la sauvegarde répondent à des besoins différents. OneDrive, Google Drive ou Dropbox rendent un fichier disponible sur plusieurs appareils, ce qui facilite le travail à distance. En revanche, si un document est supprimé ou chiffré, la synchronisation peut propager le problème. Une véritable sauvegarde conserve idéalement des versions antérieures sur un support indépendant de l’ordinateur.
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Les dossiers et données à ne pas oublier
Commencez par les dossiers personnels : Bureau, Documents, Images, Vidéos, Musique et Téléchargements si vous y conservez des fichiers utiles. Ajoutez les projets professionnels, les archives comptables, les courriels locaux, les carnets d’adresses, les sauvegardes de téléphone, les bibliothèques de logiciels créatifs et les jeux dont les sauvegardes ne sont pas synchronisées.
Vérifiez aussi les emplacements moins visibles : un dossier créé à la racine du disque, un second disque interne ou un ancien répertoire utilisateur. Les favoris du navigateur, les gestionnaires de mots de passe, les licences logicielles et les clés de récupération demandent une attention particulière. Ne copiez jamais vos mots de passe dans un fichier texte non chiffré.
Quand choisir une image système
Une sauvegarde de fichiers suffit dans la plupart des cas. Une image système est une copie complète du disque, avec le système d’exploitation, les applications, les paramètres et les données. Elle est utile avant une réinitialisation, une mise à jour majeure, le remplacement d’un disque ou lorsque la configuration du PC serait longue à reconstruire. Elle ne remplace pas une sauvegarde séparée des documents récents : une image ancienne n’intègre pas les modifications du jour.
Choisir le bon support selon votre usage
La capacité du support doit dépasser le volume réel des données à protéger, avec une marge pour conserver plusieurs versions. Un seul support ne suffit pas : il peut tomber en panne, être volé ou rester connecté pendant une attaque.
| Solution | Atout principal | Limite à connaître | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| Disque dur externe | Grande capacité à coût contenu | Plus sensible aux chocs qu’un SSD | Sauvegardes régulières et image système |
| SSD externe | Rapide, compact et résistant aux déplacements | Coût par Go plus élevé | Fichiers de travail et mobilité |
| Clé USB | Très transportable | Facile à perdre, capacité souvent limitée | Copie ponctuelle de petits dossiers |
| NAS | Stockage centralisé à domicile ou au bureau | Demande une configuration et un entretien | Plusieurs appareils et gros volumes |
| Cloud | Copie distante accessible partout | Dépend d’Internet et de l’espace souscrit | Documents essentiels et copie hors site |
À titre de repère, Que Choisir indique un disque dur externe de 2 To entre 100 et 200 €, un SSD d’environ 500 Go autour de 100 € et un NAS de 4 To autour de 300 €. Les offres cloud de base proposent souvent entre 5 et 15 Go gratuits. Pour 2 To, comptez généralement entre 5 et 15 € par mois. Un compte Microsoft gratuit inclut 5 Go sur OneDrive, tandis que Google propose 15 Go.
Un disque posé près du PC peut devenir une copie de récupération si vous le déconnectez après chaque sauvegarde. Cette séparation physique limite la propagation d’un ransomware et réduit le risque lié à une erreur de synchronisation. Rangez le support dans un lieu distinct, identifiez-le clairement et chiffrez-le si son contenu est sensible.
Configurer une sauvegarde du PC sous Windows ou macOS
Windows : combinez Sauvegarde Windows et copie locale
Sous Windows, connectez-vous à un compte Microsoft personnel pour utiliser Sauvegarde Windows et OneDrive. Dans les paramètres de sauvegarde, sélectionnez les dossiers à synchroniser et les préférences à mémoriser lorsque la fonction est disponible. Cela peut concerner certaines applications installées, les paramètres d’accessibilité, les comptes, les réseaux Wi-Fi, les mots de passe, la personnalisation et les préférences linguistiques. La synchronisation des dossiers nécessite une connexion à OneDrive et un espace disponible.
Pour conserver une copie locale de vos documents, utilisez Historique des fichiers avec un disque externe. Sélectionnez le lecteur, ajoutez ou excluez les dossiers nécessaires, puis choisissez une fréquence adaptée. Pour remettre entièrement le PC en état, créez une image système avec l’outil prévu à cet effet ou avec un logiciel spécialisé comme Acronis True Image ou Macrium Reflect. Avant toute sauvegarde complète d’un ordinateur suspect, lancez une analyse antivirus.
macOS : activez Time Machine
Sur Mac, Time Machine automatise la sauvegarde vers un disque dédié. Il conserve des versions successives : chaque heure pour les dernières 24 heures, chaque jour pour le mois précédent et chaque semaine pour les mois antérieurs. Branchez un disque suffisamment grand, activez Time Machine dans les réglages système et vérifiez les éléments exclus. iCloud facilite la synchronisation de certains fichiers, mais une copie Time Machine indépendante reste utile.
Automatiser sans perdre le contrôle
La fréquence dépend de votre activité. Des documents professionnels modifiés chaque jour justifient une sauvegarde quotidienne. Pour un PC familial peu utilisé, une copie hebdomadaire peut suffire. Lancez aussi une sauvegarde avant une réinitialisation, une migration vers un nouveau PC, une mise à jour importante ou une modification majeure de vos fichiers.
- Planifiez la sauvegarde automatique de vos dossiers actifs.
- Conservez plusieurs versions au lieu d’écraser systématiquement la précédente.
- Gardez une copie locale rapidement accessible et une copie distante.
- Déconnectez le support externe une fois l’opération terminée.
- Contrôlez les notifications d’échec, l’espace libre et la date de la dernière exécution.
La règle des trois copies offre un repère simple : l’original, une sauvegarde principale et une sauvegarde de cette sauvegarde. Kingston indique qu’une combinaison de sauvegardes locales et en ligne peut protéger contre 99 % des pertes de données potentielles. La séparation des copies reste déterminante : deux fichiers enregistrés sur le même disque ne constituent pas deux sauvegardes indépendantes.
Restaurer et tester avant l’urgence
Une sauvegarde n’a de valeur que si elle peut être restaurée. Testez régulièrement la récupération d’un document non critique dans un dossier différent. Ouvrez-le, vérifiez sa date et comparez son contenu avec l’original. Ce contrôle peut révéler un disque défaillant, un dossier exclu ou une sauvegarde incomplète avant qu’un incident ne survienne.
Après une suppression accidentelle, recherchez d’abord une version antérieure dans l’outil de sauvegarde ou l’historique du cloud. Après une panne matérielle, récupérez les fichiers sur un nouvel ordinateur depuis le disque externe ou le cloud. Après une infection par ransomware, isolez le PC du réseau. Ne branchez pas immédiatement vos supports de sauvegarde et restaurez uniquement une copie antérieure contrôlée.
En cas d’espace insuffisant, ne supprimez pas les anciennes copies sans vérification. Repérez d’abord les fichiers très volumineux, les doublons et les dossiers qui n’ont pas besoin d’être versionnés. Si OneDrive ne se synchronise plus, contrôlez la connexion au compte, l’espace disponible et les erreurs signalées. Une routine simple, sauvegarder, déconnecter, vérifier, restaurer un fichier test, offre une protection plus solide qu’une copie réalisée une seule fois.






